Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas : «Il est bon d’avoir la maîtrise des effectifs de notre population»

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Dans une interview, la ministre en charge du Plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale, Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas, rappelle les raisons ayant conduit le gouvernement à poursuivre les opérations du 5ème recensement de la population et de l’habitation (RGPH), malgré la pandémie du coronavirus (Covid-19).

En dépit de la crise sanitaire liée au Covid-19, le gouvernement a décidé de la poursuite des opérations du 5e RGPH. Quelles en sont les raisons ? Ingrid Olga Ghislaine Ebouka-Babackas (IOGEB) : Dans le contexte actuel, la poursuite de cette opération est essentielle pour trois raisons principales. D’abord, parce que, même s’il y a restriction de circulation, les services et biens essentiels indispensables soient mis à la disposition des populations. Cela veut dire que l’administration publique a recours aujourd’hui à un service minimum, pour une offre de service public qui doit continuer malgré tout. La deuxième raison est qu’à travers ce confinement, on est presque certain de la qualité de notre recensement puisque la population est à demeure. Il est plus facile d’aller vers elle et d’avoir toutes les informations nécessaires pour que nous ayons une bonne connaissance de notre population.

La troisième raison est le calendrier qui est imposé sur le plan international. Pour faire ce recensement, comme dans tous les pays du monde, nous nous en référons à la norme édictée par le Fonds des Nations unies pour la population qui nous accompagne.

Ceci étant, lorsqu’on commence un recensement, il y a des étapes et des délais à respecter. Le dernier recensement général de la population est intervenu en 2007, donc plus de dix ans alors que selon la norme, il doit intervenir chaque dix ans. A cette époque, la population du Congo était de trois millions six cent quatre-vingt-dix-sept mille quatre cent quatre-vingt-dix individus. Il est clair que cette population ait changé et ces données sont devenues caduques. C’est dire qu’il est donc bon de poursuive cette opération essentielle en vue de s’assurer de la bonne maîtrise de l’effectif de notre population, sa répartition et sa composition parce qu’à travers les données qui y ressortiront nous pourrions élaborer une meilleure planification du développement de notre pays.

Quelles sont les dispositions prises face à la réticence de la population qui craint de recevoir des agents recenseurs par crainte de propagation du Covid-19 ?

IOGEB : Effectivement, nous avons eu échos de certaines réticences. C’est l’occasion de rassurer les populations que toutes les dispositions pratiques sont prises pour que ce recensement se fasse dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. Dès lors qu’a été élaboré le plan national de riposte au coronavirus, nous avions automatiquement inséré un dispositif pour poursuivre l’opération de recensement. Ensuite, nous avons travaillé avec la Banque mondiale qui nous appuie aussi pour poursuivre cette opération ainsi qu’avec les experts de la santé parce qu’il va de soi que nous couplons le recensement général de la population à une dissimulation des gestes barrières. Pour ce faire, les équipes qui sont déployées sur le terrain ainsi que celles de l’Institut national de la statistique et celles de la santé ont des masques de protection, des gants, des gels hydroalcoolisés et tout ce qui est nécessaire aujourd’hui pour se protéger contre la pandémie et aussi protéger la population. Il est donc essentiel que la population accueille les équipes de recensement sans crainte, car avec le ministère de la Santé, nous avons pris toutes les dispositions pour cette opération, un moment de collecte des données mais aussi de sensibilisation au Covid-19. Les données ou résultats d’un recensement sans utiles pour le gouvernement parce qu’elles nous permettent, par exemple, d’implanter les structures sociaux sanitaires. Ces mêmes résultats peuvent aussi, en cas de catastrophes naturelles, permettre au gouvernement de savoir quel type d’habitation et le nombre de personnes.

Sur le plan économique, le recensement général donne des données fiables aux opérateurs économiques. Car, lorsqu’un opérateur économique veut investir dans une zone géographique quelconque, les données du recensement lui donneront une idée sur le taux de chômage dans ladite zone. Pour les partenaires au développement, ces données chiffrées leur permettront de mieux comprendre nos priorités puis de mesurer l’impact de leur accompagnement à notre égard. Pour les chercheurs en ce temps de crise sanitaire elles détermineront les zones plus peuplées et moins denses.

Quelles sont les différentes étapes de ce recensement ?

IOGEB : Nous avons plusieurs étapes à affranchir. La première consiste à avoir une cartographie globale de tout le territoire national pour que nous soyons en mesure de déterminer le nombre d’agents recenseurs qui devraient être déployés sur le terrain. Courant le mois d’août, nous commenceront le dénombrement physique afin qu’avant la fin de cette année, nous puissions savoir combien nous sommes au Congo.